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L'automatisation des engins mobiles et des équipements en extérieur se trouve actuellement en phase de transition. Pour répondre aux exigences d'accroissement de productivité, les secteurs de l'agriculture et de la construction se tournent de plus en plus vers des machines fortement automatisées et en réseau. Dans l'interview qui suit, Stefan Taxer, Product Manager Mobile Automation chez B&R, explique pourquoi l'agriculture intelligente et d'autres concepts naissants sont difficiles à concrétiser avec les solutions d'automatisation utilisées jusqu'à présent dans ces secteurs.

Pourquoi considérez-vous que les solutions utilisées jusqu'à présent pour l'automatisation des engins mobiles sont dépassées ?

Ces dernières années, le nombre de composants d'automatisation utilisés dans les machineries mobiles ou en extérieur a fortement augmenté. Presque toutes présentent de multiples unités de commande, afficheurs, capteurs et autres appareils électroniques, et tous ces appareils doivent être coordonnés entre eux. La maintenance d'un système aussi complexe coûte cher et prend du temps, et cette complexité ne facilite guère d'éventuels développements ultérieurs.

Comment en est-on arrivé à des systèmes aussi complexes et différents les uns des autres ?

Les exigences de fonctionnalités et performances ont fortement augmenté ces deux dernières décennies. Les constructeurs, qui ont commencé par utiliser des systèmes d'automatisation très simples, ont donc progressivement ajoutés des composants matériels et logiciels supplémentaires. Ces systèmes se sont ensuite heurtés aux limites des réseaux CAN autour desquels ils se sont construits. Les fabricants ont alors simplement ajoutés des réseaux parallèles pour pouvoir implémenter les fonctionnalités souhaitées.

Quels sont les inconvénients de cette démarche ?

Tôt au tard, l'utilisateur se retrouve avec des matériels et des logiciels de différents fournisseurs. Pour utiliser et diagnostiquer ces composants, il doit recourir à des outils d'ingénierie multiples. De plus, il doit passer par un spécialiste pour chaque système, et avoir plusieurs interlocuteurs pour le support. De surcroît, les systèmes qu'il utilise ont besoin d'échanger des données, ce qui nécessite de programmer et maintenir des interfaces. En plus de tout cela, le programme applicatif est le plus souvent lié au matériel, ce qui réduit les possibilités de changer de matériel.

Que proposez-vous pour gérer cette complexité croissante ?

Tous les composants d'une solution d'automatisation d'engin mobile, de l'unité de contrôle aux capteurs, devraient être programmés et maintenus avec un seul et unique outil d'ingénierie. Cela passe par un bus unique temps réel offrant une bande passante suffisante.

Opérer un changement de cette nature n'est pas une mince affaire.

S'il fallait développer un système unifié en partant de zéro, l'effort à fournir serait en effet très important. Mais dans d'autres industries comme l'industrie des biens d'équipements, ces besoins sont déjà satisfaits. Appliquer les concepts éprouvés de ces industries aux équipements mobiles ouvrirait la voie à une toute nouvelle génération d'automatismes pour tous les équipements concernés.

Comparer l'automatisation des équipements mobiles à l'automatisation industrielle ne revient-il pas à comparer des choux et des carottes ?

Oui et non. Lorsqu'il s'agit de fonctions de base, il n'y a quasiment aucune différence. Un automate reste un automate, peu importe s'il contrôle un robot de peinture ou un excavateur à un millimètre près. Le logiciel utilisé pour l'ingénierie, le contrôle, la maintenance et le diagnostic doit répondre aux mêmes exigences. Seul l'environnement dans lequel les produits doivent fonctionner change. L'automate d'une machine d'impression, par exemple, n'est pas nettoyé avec un jet haute pression comme l'est un automate sur un engin agricole ou un engin de construction. Les produits utilisés pour l'automatisation des équipements mobiles doivent résister aux agents environnementaux agressifs comme les rayons ultraviolets, les températures extrêmes, les vibrations, les chocs, l'eau salée, l'huile et la condensation.

Les équipements mobiles échangent souvent des données via Internet. Comment ces transmissons peuvent-elles être sécurisées ?

Les exigences applicables aux transmissions de données dans le cloud ne sont pas les mêmes que celles de l'environnement industriel. Ici, ce ne sont pas la bande passante et la capacité temps réel qui importent le plus, mais plutôt la protection contre les vols ou manipulations de données. Intégrant des fonctions de sécurisation des transmissions, le standard indépendant OPC UA est prédestiné à assurer cette protection. Ce standard fonctionne aussi sans problème sur des réseaux WLAN, mobiles, Internet ou Ethernet industriel. Depuis quelques années, le protocole OPC UA ne cesse de gagner en importance dans le domaine de l'automatisation industrielle.

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